Colonisation. Décolonisation. Le cas de la France. Littérature monde.
La colonisation en images
Cette image est un affiche de recrutement. On invite les jeunes européens à entrer dans l’armée coloniale. Tout en bas on peut lire: “Pour tous renseignements, adressez-vous aux corps de troupe, aux brigades de gendarmerie, aux bureaux de recrutement ou au Ministère de la Guerre…”. Au centre on voit des figures militaires (avec une posture dominante) dans un bateau. On voit aussi comment les trois couleurs de la France dominent presque la moitié de l’image. Derrière tout, on observe un paysage tropical avec de palmiers.
Dans ce tableau appelé “Châtiment des quatre piquets dans les colonies”, le peintre Marcel Verdier, illustre une punition couramment infligée aux fugitifs rattrapés par leurs maîtres. Dans le centre on observe un esclave noir, étendu nu dans le sol, avec les bras et jambes écartés en croix et liés à quatre piquets enfoncés dans le sol. Ce n’est pas directement le maître qui abat son fouet sur son esclave, mais un gardien – noir lui aussi. Autour de cette scène on voit des gens qui observent la torture: le patron avec sa famille et d’autres esclaves noirs.
Ces images correspondent à ce qu’on appelle un navire négrier ou un négrier. C’est-à-dire, un bateau qui transportait des esclaves noirs. Dans la première image il y a trois esclaves qui sont en train d'être torturés par des hommes blancs. Dans la seconde image les esclaves sont attachés avec des entraves et chaînes. Il y a aussi un gardien avec un fouet à la main qui surveille la situation.
Le Code noir est un recueil d'une soixantaine d'articles qui a été publié en plusieurs fois en 1685. Il rassemble toutes les dispositions réglant la vie des esclaves noirs dans les colonies françaises. Le Code noir a été préparé par Colbert à la demande de Louis XIV.
Ce tableau de François Biard, appelé “L’abolition de l’esclavage”, représente une scène d’émancipation dans les colonies, au moment de la proclamation de l’abolition de l’esclavage. Au centre, deux esclaves noirs manifestent leur joie, bras levés et chaînes déliées. À gauche on observe le député, planté sur son estrade, qui vient d’adopter le décret dont il tient le texte en main. La ligne de fuite qu’indique son bras levé s’évanouit dans le drapeau bleu blanc rouge, confirmation de la présence symbolique de la République française.
Les autochtones algériens étaient, pendant la colonisation française, soumis au statut juridique des indigènes d’Algérie. Ils étaient français formellement mais pratiquement ils avaient une nationalité dégradée. Ils ne jouissaient ni des droits civils, ni des droits politiques.
Le Statut Indigène, qui régissait les vies des indigènes était très stricte. Il faisait le point sur ce que ces derniers pouvaient ou non, faire.
Cette affiche en couleurs illustrée, présente un indigène enchaîné sur des matières premières (pétrole, sel, argent, vin, céréales, fruits, etc.). S’il s’agit peut-être d’une allusion au travail forcé, c’est une dénonciation claire de l’oppression. Le titre “100 ans de domination française” rappelle indirectement que la conquête de l’Algérie fut longue et rythmée par des épisodes de résistance, brutalement réprimés. À gauche, dessous la légende “aux uns la misère...”, on peut voir un paysage algérien et quelques hommes qui travaillent la terre. Tandis qu’à droite, dessous la légende “aux autres la richesse!”, on voit un bâtiment avec le drapeau de la France et quelques hommes assis sans rien faire.
Sur cette photo prise le 17 juin 1962 dans une rue d'Alger, on peut lire le graffiti “Votez pour l'indépendance”. Le mois suivant aura lieu le référendum d'autodétermination de l'Algérie (référendum sur l'indépendance de l'Algérie par rapport à la France). Les électeurs ont à se prononcer par « oui » ou par « non » sur la question suivante : « Voulez vous que l'Algérie devienne un État indépendant coopérant avec la France dans les conditions définies par les déclarations du 19 mars 1962 ? ». Le « oui » l'emporte par 99,72 % des suffrages exprimés. L'Algérie devient indépendante officiellement le 5 juillet 1962.
Littérature monde
Cette nouvelle dénomination, littérature-monde, est un concept apparu en mars 2007. Il fait parti d'un manifeste intitulé “Pour une littérature-monde en français”, d'un ouvrage collectif intitulé “Pour une littérature-monde”, édité par Michel Le Bris, Jean Rouaud et Eva Almassy et regroupant les contributions de plusieurs auteurs d'expression française venus du monde entier. Une année avant la parution du Manifeste, dans un article, Alain Mabanckou dénonçait déjà le centralisme de la littérature française et la marginalisation d'autres espaces d'expression française.
Ce concept de littérature-monde vise essentiellement à mettre fin à certaines des ambiguïtés qui s’attachent à la notion de littérature francophone, qui, selon l’étymologie, devrait désigner toute littérature écrite en langue française. Le concept de « littérature francophone » serait, en pratique, selon les défenseurs du concept de littérature-monde, exclusivement destiné à désigner les œuvres produites en français par des écrivains, dont la langue maternelle n’est pas le français ou dont la nationalité n'est pas française.
“Nous pensons, au contraire : révolution copernicienne. Copernicienne, parce qu'elle révèle ce que le milieu littéraire savait déjà sans l'admettre : le centre, ce point depuis lequel était supposée rayonner une littérature franco-française, n'est plus le centre. [...] Fin de la francophonie. Et naissance d'une littérature-monde en français.”
Manifeste “Pour une littérature-monde en français”. Le Monde, 2017
Sitographie consultée
- https://histoire-image.org/fr
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Code_noir
- https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9f%C3%A9rendum_d%27autod%C3%A9termination_de_l%27Alg%C3%A9rie
- https://www.lemonde.fr/livres/article/2007/03/15/des-ecrivains-plaident-pour-un-roman-en-francais-ouvert-sur-le-monde_883572_3260.html

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