Activité finale d'intégration des contenus


Dans le texte suivant on essayera de mettre en rapport tous les contenus travaillés dans l’espace curriculaire “Eco I: Francophonie” du Professorat de Français. Le soutien pour établir les relations pertinentes sera le schéma ci-dessous. 
On commancera d'abord par commenter brièvement la colonisation française. Il est nécessaire de remarquer que le XVIe siècle a été un siècle d’énormes changements pour la France. Depuis l’Ancien Régime elle s’est convertie dans un des plus grands empires coloniaux. Selon les sites consultés, l’Empire colonial français, désigne l'ensemble des territoires ultramarins colonisés par la France. Il a existé de 1534 à 1763 et ensuite de 1763 à 1962, en tout l'empire colonial français aura duré près de cinq siècles soit précisément 428 ans. Commencé au XVIe siècle, il a connu une évolution contrastée selon les époques, aussi bien par son étendue que par sa population ou sa richesse.  Les colonies ont connu différents statuts et modes d'exploitation, des colonies antillaises semi-autonomes et esclavagistes de la fin du XVIIIe siècle à l'Algérie française gouvernée de manière autoritaire du milieu du XIXe siècle au début du XXe siècle, puis progressivement assimilé à la métropole jusqu'au début des années 1980. Le premier espace colonial est composé principalement par des possessions de la Nouvelle-France, aux Antilles, aux Indes, ainsi que des comptoirs et d'îles parsemées. Le second espace colonial, constitué à partir des années 1830, se compose principalement de régions d'Afrique, acquises à partir des anciens comptoirs, mais aussi d'Asie (Indochine) et d'Océanie (Polynésie française, Nouvelle-Calédonie, Nouvelles-Hébrides). 
Aujourd'hui, les restes de ce large empire colonial se retrouvent dans la France d'outre-mer, composée de quelques dizaines d'îles et archipels de l'océan Atlantique, des Caraïbes, de l'océan Indien, du Pacifique Sud et du continent Antarctique, ainsi qu'un territoire continental en Amérique du Sud.  
Si on regarde la carte ci-dessus, il est indispensable de faire une relation directe avec la francophonie. La plupart des pays qui furent autrefois sous administration ou sous tutelle française s’y trouvent dans la carte de la francophonie. Il est vrai quand même qu’il y figurent d’autres qui n’ont pas avec la France un rapport historique lointain, et n’ont jamais été dans une situation de dépendance coloniale. Même si les précurseurs de la création de la Francophonie, en tant qu’organisme institutionnel,  ont été des grandes figures de l’indépendance des colonies, ils ont choisi une langue qui fut l'héritage du colonialisme français.  
Claire Tréan affirme que “la Francophonie est une survivance du colonialisme”. Pour elle, “ce n’est pas par la France qu’a été conçu le projet de structurer l’ensemble des pays francophones, mais par un groupe de personnalités dont beaucoup avaient en commun d’avoir été, justement, de grandes figures du mouvement des indépendances dans les années cinquante et soixante. Ils s’appelaient Léopold Sédar Senghor, Habib Bourguiba, Hamani Diori, Norodom Sihanouk, notamment. [...] Pour les pionniers de la Francophonie, le français était d’abord une langue internationale, un atout grâce auquel leur pays allait pouvoir intégrer la communauté des nations, un outil nécessaire à leur développement. « Un outil précieux trouvé dans les décombres du colonialisme », écrivait Senghor. Le français était aussi pour eux un humanisme et devait, en ce sens, fonder une communauté de valeurs.”
Mais si on se demande: qu’est-ce que c’est la Francophonie? La francophonie avec un "f" minuscule rassemble 300 millions de femmes et d’hommes qui partagent la même langue dans toute la planète. Pour compléter cette définition il faut dire que la Francophonie avec un "F" majuscule représente les Institutions de l'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), dispositif institutionnel voué à promouvoir le français et à mettre en œuvre une coopération politique, éducative, économique et culturelle au sein des 88 Etats et gouvernements. 

La Francophonie a pour missions de : promouvoir la langue française et la diversité culturelle et linguistique; promouvoir la paix, la démocratie et les droits de l’Homme; appuyer l’éducation, la formation, l’enseignement supérieur et la recherche; développer la coopération économique au service du développement durable.
D’après l’article 2 de la Charte de la Francophonie, les institutions de la Francophonie sont :
1. Les instances de la Francophonie : Le « Sommet » ; La « Conférence ministérielle» ; Le « Conseil permanent ».
2. Le Secrétaire général de la Francophonie, poste occupé par Louise Mushikiwabo.
3. L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).
4. L’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF), qui est l’Assemblée consultative de la Francophonie.
5. Les opérateurs directs et reconnus du Sommet, qui concourent, dans les domaines de leurs compétences, aux objectifs de la Francophonie tels que définis dans la présente Charte: l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF) ; TV5, la télévision internationale francophone;  l’Université Senghor d’Alexandrie ; l’Association internationale des maires et responsables des capitales et des métropoles partiellement ou entièrement francophones (AIMF).
6. Les Conférences ministérielles permanentes : la Conférence des ministres de l’Éducation des pays ayant le français en partage (Confémen) et la Conférence des ministres de la Jeunesse et des Sports des pays ayant le français en partage (Conféjes).
Après avoir mentionné les institutions de la Francophonie, on voudra mettre l’accent sur l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). On a dit que la Francophonie a pour mission de promouvoir la langue française et la diversité culturelle et linguistique. 
C’est ici qu’on trouve une forte relation entre les institutions et l’art et la culture francophone, car ce sont ces institutions lesquelles sont chargées de promouvoir et d'assurer la diffusion et la croissance de la culture francophone proprement dite. D’après le site web de la francophonie, l’OIF soutient la formidable créativité des jeunes de l’espace francophone, écrivains, cinéastes, musiciens, plasticiens ou créateurs d’art numérique, permettant une meilleure diffusion de leur oeuvres et l’accès au marché internationaux. 
Convaincue du rôle déterminant de la culture pour le développement durable, la Francophonie poursuit plusieurs objectifs : favoriser l’émergence d’un véritable marché de produits culturels par la professionnalisation des filières, dans les pays d’Afrique francophone en particulier, soutenir la mise en place de politiques favorables à la diversité des expressions et, enfin, promouvoir le dialogue des cultures. L’OIF accompagne ainsi ses États et gouvernements dans la formulation et la mise en œuvre de politiques culturelles. 
À travers ses différents programmes, l'OIF oeuvre à la consolidation d’un secteur culturel créateur d’emplois et de valeur ajoutée dans les domaines du spectacle vivant, de l'audiovisuel, de la mode, de la littérature, etc. Tout en poursuivant son appui aux grands événements et espaces qui célèbrent les langues et les cultures et favorisent les rencontres, les actions de la Francophonie vont également cibler les acteurs de terrain afin de mettre en dialogue les cultures. 
Rappelons que sur les cinq continents 300 millions de femmes et d’hommes partagent le français, par conséquent les cultures qu’ont tous ces personnes sont assez diverses. C’est pour cela qu’on peut affirmer qu’il est évident l'énorme multiplicité d’expressions artistiques francophones qu’il y a dans le monde entier. Par exemple, l’art haïtien (peinture, musique), l’art canadien (peinture, sculpture, cinéma), l’art africain (photographie, musique, peinture).  
Par rapport à ce point, on voudrait souligner une des conséquences laissées par la colonisation française: la naissance de la culture créole. Tout en reconnaissant les effets négatifs que la colonisation a provoqué , il faut cependant noter qu’elle a permis l’apparition de cette nouvelle culture. Notons que la culture créole est une contre culture parce qu’elle s'oppose à la culture dominante. 
Les sociétés créoles sont présentes dans toute la Caraïbe, en Amérique du Nord (Louisiane), en Amérique du Sud (Guyane), dans l’océan Indien (Ile Maurice, Madagascar, la Réunion…).  Elles ont une histoire commune liée à leur peuplement: occupées par les explorateurs, colonisées par les européens à partir du XVe siècle, elles ont été le lieu d’une déportation massive d’esclaves en provenance d’Afrique. Tout ce qui est né au sein de ces colonies représente le point de départ de la culture créole. 
Selon les fiches travaillées dans cet espace curriculaire, cette culture a émergé comme une manière de s’échapper au système dominant. Construite par le contact entre des populations d’origines diverses, dans la contrainte de l’esclavage et la nécessité pour tous de s’adapter à un univers. 
D’après Laënnec Hurbon, “Haïti a montré au cours du XIXe siècle qu’on pouvait, à partir d’une culture créole, se forger une raison de vivre, organiser sa résistance et sa survie”. La musique, la cuisine, la littérature, la religion, tous les aspects d’une culture, sont le résultat de la nécessité de tout inventer dans un lieu où tout est à faire. 
En suivant la ligne de pensée de Mohammed MBougar Sarr, écrivain sénégalais, et en affirmant que la littérature est une expression artistique, on fait une relation directe entre l’art et culture francophone / créole et la littérature francophone. D’après lui : "La littérature est fondamentalement un art qui rend hommage à l'art. Elles est un miroir de concentration artistique.
Il faut souligner que la littérature francophone comprend beaucoup d’auteurs variés, venus de pays et de cultures parfois différents mais partageant la langue française et un désir d’écrire. On trouvera évidemment des auteurs francophones dans le monde entier: au Canada, en Europe (la Belgique, le Luxembourg, la Suisse), en Afrique (le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Cameroun, la Tunisie, le Maroc), aux Antilles (la Guadeloupe, la Martinique, Haïti), etc. 
Pour Dany Laferrière, écrivain haïtien, “la littérature sert bien la francophonie pour diffuser le point de vue politique. Dans la réalité, la francophonie permet aux écrivains de voyager dans le monde et a fait qu’y ait une éclosion d’une nouvelle littérature.”  Après avoir fait une citation de cet auteur, on trouve nécessaire commenter qu’il est participant du mouvement concernant la littérature monde. 
La littérature monde est un concept apparu dans un manifeste, mais qui appartient à un group d’écrivains francophones du monde entier. La littérature-monde vise essentiellement à mettre fin à certaines ambiguïtés qui s’attachent à la notion de littérature francophone, qui, selon l’étymologie, devrait désigner toute littérature écrite en langue française. Le concept de « littérature francophone » serait, en pratique, selon les défenseurs du concept de littérature-monde, exclusivement destiné à désigner les œuvres produites en français par des écrivains, dont la langue maternelle n’est pas le français ou dont la nationalité n'est pas française. Quelques écrivains qui font partie de ce mouvement sont Muriel Barbery, Tahar Ben Jelloun, Alain Borer, Alain Dugrand, Edouard Glissant, Dany Laferrière, Gilles Lapouge, Michel Le Bris, JMG Le Clézio, entre autres. 
Avec une relation sur ce dernier point, il faut mentionner l'existence de la littérature créole. D’après les fiches de cet espace curriculaire, des nos jours on parle de la créolité comme un mouvement littéraire propre des Antilles, né à la Martinique sous la plume de Patrick Chamoiseau , parmi d’autres écrivains, dans les années 80. Mouvement de défense des valeurs culturelles et spirituelles propres aux créoles des Antilles françaises. Quand même selon Daniel Maximin, les premiers écrits d’esclaves affranchis datent du XVIIIe siècle et ce sont d’abord des femmes, des poétesses, car les hommes travaillaient plutôt dans les plantations. Ces femmes ont écrit sur le modèle que leur maître leur a inculqué, elles s’exprimaient naturellement en français. La femme qui écrit est la représentante de l’oralité et du monde populaire dans l’expression littéraire. Ensuite il ajoute que la littérature caribéenne a pour horizon la liberté. 
On finira ce travail avec une citation de Jacques Roumain qu’on trouve en accord avec les idées développées: “Une circulation rythmique s’établissait entre le coeur battant du tambour et les mouvements des hommes: le rythme était jusqu’au fond de leurs artères et nourrissait leurs muscles d’une vigueur renouvelée”(Jacques Roumain; Gouverneurs de la Rosée, chap. I, page 17). 


Bibliographie 
  • TREAN, Claire. La Francophonie. Ed. Le cavalier bleu. 
  • Document: Charte de la Francophonie, adoptée par le CMF. Antananarivo, le 23 novembre 2005
  • Document: Les cultures issues de l’esclavage. La culture créole. Entretien avec Laënnec Hurbon. 
  • Article: MAXIMIN DANIEL, “La littérature créole a pour horizon la liberté”, Revue Le Français dans le monde. N°368, mars-avril 2010
  • ROUMAIN, Jacques; Gouverneurs de la Rosée, chap. I, page 17


Sitographie 
  • https://www.francophonie.org/
  • https://fr.vikidia.org/wiki/Empire_colonial_fran%C3%A7ais
  • https://ecofrancophoniealmirante.blogspot.com/
  • https://www.caraibes-mamanthe.org/culture-creole/


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